dimarts, 25 de juliol del 2017

«Vive le Québec libre» lançait de Gaulle il y a 50 ans

«Vive le Québec libre»

Charles de Gaulle sur les marches de l'Hôtel de ville de Montréal le 24 juillet 1967. 

LES ARCHIVES DU FIGARO - Lors de son voyage officiel au Canada en juillet 1967, le général de Gaulle prononce un discours enflammé ponctué de la fameuse apostrophe: «Vive le Québec libre» devenue depuis une phrase historique.
«Vive le Québec libre», ce ne sont que quatre mots, mais ils sont entrés dans l'histoire ce 24 juillet 1967. Lâchés par le général de Gaulle à la fin d'un discours public lors de sa visite officielle au Québec, ces mots déclenchent une grave crise diplomatique et précipitent son départ après trois jours de visite.
Déclaration jugée «inacceptable» par le gouvernement canadien, la réaction du général de Gaulle ne se fait pas attendre: il rentre à Paris précipitamment en considérant à son tour «inacceptable» les propos du premier ministre Lester Pearson. Il annule sa visite à Ottawa. Dans les milieux politiques français, ces mots suscitent de nombreuses réactions. M. Jean Lecanuet condamne vivement l'attitude du général de Gaulle. «C'est contraire au respect du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes» déclare t-il, selon
Le Figaro, au lendemain de l'incident. M. Pierre Marcilhacy, sénateur et ancien candidat à la présidence de la République juge que «le prestige, l'âge même n'excusent rien».

La folie des grandeurs

Tout le monde s'interroge: s'est-il laissé emporter par l'accueil enthousiaste des Québecois ou a-t-il commis cette provocation délibérément. La presse unanime désapprouve l'attitude du général. Dans son éditorial le journaliste du Figaro rapporte que le Daily Mail estime que «Le général de Gaulle a été l'un des grands hommes de notre génération et que la France lui garde une dette immense. Les événements récents semblent indiquer qu'il souffre de ce que les Français appellent la folie des grandeurs, d'une sorte de corruption du pouvoir personnel qui a conduit bien des nations au désastre.»
Au moment où Nicolas Châtelain écrit l'article, reproduit ci-dessous, celui-ci ne connait pas encore la décision brutale du Général d'annuler sa visite à Ottawa; en revanche, il entrevoit déjà que «l'affaire du balcon» va entraîner des répercussions extraordinaires et marquer le destin de la Belle Province.


Article paru dans Le Figaro du 26 juillet 1967

Remous au Canada après le «Vive le Québec libre»

Le général de Gaulle n'aura jamais fini de nous surprendre. On l'imaginait venant ici en toute amitié, recueillant les applaudissements qui lui sont dus et se prodiguant en généralités affectueuses de manière à donner satisfaction à tous ses auditoires: les «fédéraux», les Québécois, les Canadiens d'obédience britannique, voire les Français émigrés qui essaient de se refaire une vie ici.
Après tout, n'est-ce pas un voyage de vacances? Il y a l'Expo 67 bâtie autour du thème humanitaire de «terre des hommes», Il y a le Saint-Laurent, des souvenirs historiques qu'on aurait pu croire de tout repos, la grande chaleur d'été. Un homme illustre, âgé de 76 ans, investi d'un prestige monumental, aurait pu se contenter de tous ces éléments qui constituent la matière première d'une réussite pour un voyage sans histoires. C'était bien mal le connaître. Il avait calculé et gradué ses effets. Il avait décidé, c'est certain, que son apparition devant la foule, hier soir au balcon de l'Hôtel de ville de Montréal, serait le point culminant de son pèlerinage. Ce qu'il n'avait pas prévu en revanche, c'est la densité de la foule qui se pressait sur le parcours de son cortège pendant la traversée des interminables faubourgs de Montréal, ni la frénésie d'enthousiasme des quelques milliers de personnes, jeunes pour la plupart, qui s'écrasaient aux abords du balcon. Et avant cela, entre Québec et ici, tous ces villages pavoisés, aux tendres consonances françaises, les cloches sonnant à toute volée, les curés tremblant d'émotion patriotique, les Marseillaises sur les places publiques...
«Je veux ce soir vous confier un secret que vous ne répéterez à personne [...] tout le long de la route, je me sentais dans la même atmosphère que celle de la Libération!»
Le général de Gaulle
«Je veux ce soir vous confier un secret que vous ne répéterez à personne, s'écria-t-il du haut du balcon, ce soir, et tout le long de la route, je me sentais dans la même atmosphère que celle de la Libération!».

Un ton ambigu

À la vérité, il y avait eu de quoi émouvoir profondément, bouleverser même, un homme chargé de souvenirs, et de quels souvenirs!
Quant à ce «Vive le Québec libre», il y aurait beaucoup à dire sur la manière dont les mots ont été prononcés. Toutes les allocutions du général se terminent ici par une succession d'interjections votives échelonnées:
«Vive la ville où il se trouve au moment donné, vive le Québec, vive le Canada français, vive la nouvelle France, vive la France».

Au balcon, hier, il marqua un temps d'arrêt après son «Vive Québec». Puis il eut une sorte de demi-sourire très curieux à observer, comme s'il voulait laisser entendre: «Vous voulez vraiment que je vous fasse très plaisir? Eh bien! essayons, voyons comment ça va sonner.» C'est ainsi que «Vive le Québec libre» fut jeté à une foule en délire, à titre expérimental en quelque sorte. N'importe, imagine-t-on un chef d'État étranger reçu officiellement à Liège et s'écriant «Vive la libre Wallonie!».

De l'embarras à l'indignation

L'incartade a provoqué immédiatement les réactions les plus diverses. Chez la petite minorité des «indépendantistes» québécois, c'est naturellement l'enthousiasme le plus vertigineux. Les milieux diplomatiques se montrent atterrés. Les anglophones, qui ne portaient déjà pas le général dans leur cœur, le vouent aujourd'hui aux enfers. Et à Ottawa, où de Gaulle doit arriver demain, on se demande avec un très grand embarras comment il faut traiter l'incident.
Faut-il laisser dire et faire semblant qu'il ne s'est rien passé.
Doit-on, au contraire, faire comprendre officiellement au général qu'il a commis un acte d'ingérence inqualifiable dans les affaires intérieures d'un État ami? Faut-il lui faire savoir qu'il ferait mieux de renoncer à sa visite à la capitale fédérale? Mais aura-t-on le courage d'infliger cet affront à un homme aussi prestigieux? On discutait de fout cela, dès hier soir, tandis que dans l'entourage du général on s'ingéniait à expliquer aux Canadiens que la formule employée ne doit pas être interprétée dans son sens littéral, que le général n'est pas venu ici pour appeler à la dissidence, et que la «liberté» telle qu'il la conçoit pour le Canada français doit se comprendre dans le contexte plus diffus de la liberté de l'esprit français à travers le monde. L'opinion est d'ailleurs très loin d'être unanime chez les Canadiens français. Nous en avons rencontré qui clament leur indignation: «De quoi il se mêle? Comme si nous n'avons déjà pas assez de problèmes à essayer de régler par nous-mêmes! Qu'il reparte, et vite! On l'a assez vu!».


Nous avons parlé avec d'autres, des intellectuels raisonnables, et ils se montraient désolés: «C'est trop tôt, disent-ils. Sans doute, de Gaulle a-t-il raison, nous savons bien qu'il sait voir loin dans l'avenir, mais à l'heure actuelle nous ne sommes pas prêts, il nous faut être patients, tout encouragement aux mouvements extrémistes ne peut que desservir actuellement la cause de l'autonomie interne du Québec.»
Le général a-t-il été mal informé, se demandent-ils aussi? A-t-il été abusé, à Paris, par une certaine propagande?
La décision du gouvernement fédéral parait avoir été difficile à mettre sur pied et les délibérations furent très longues, puisqu'elles se prolongèrent six heures au total, et nécessitèrent la convocation d'une deuxième réunion ministérielle après déjeuner.
Le premier mouvement de M. Lester Pearson et de certains de ses collègues aurait été, nous affirme-t-on, d'annuler purement et simplement la visite du général à Ottawa. On jugea cependant préférable de ne pas fermer la porte au nez du président de la République français; le communiqué publié laisse la porte ouverte à un «arrangement».
Mais, avant même la publication du communiqué de M. Lester Pearson, «l'affaire du balcon» a déjà occasionné «une retombée»: le premier ministre de la province du Nouveau-Brunswick, M. Robicheaud (pourtant un «Acadien», donc Français d'origine), a décliné l'invitation au dîner officiel que le général de Gaulle offre ce soir au pavillon de France. D'autres chaises vides seront à prévoir.

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